ouralie(59)
RILLIEUX LA PAPE, France
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La Pharmacie du Magistrat est sans doute la plus vieille pharmacie d'Europe encore en activité, puisqu'elle est mentionnée pour la première fois en 1422!
Elle appartenait à un magistrat de la ville, d'où son nom, qui la louait en immeuble de rapport à un pharmacien qui était aussi un peu médecin (à l'époque la frontière était floue, les barbiers étaient tous, par exemple, un peu chirurgiens!)
Au 16e siècle, le pharmacien attitré est d'origine hongroise, et cette pharmacie restera aux mains de la même famille pendant dix générations, ce qui explique peut etre le soin amené à sa bonne conservation!
Dès 1822, elle fut transformée partiellement en musée par le Burchart septième du nom, qui rassembla tout ce que le fonds avait de plus précieux.
Cette brillante idée sans aucune arrière pensée de rapport, car le musée a toujours été entièrement gratuit. Il a peut etre simplement amené un peu plus de clientèle ?
En tout cas, encore aujourd'hui, aucune obligation d'achat n'est demandée pour traverser la boutique et se rendre dans la seconde pièce pour y admirer les collections.
Les préparatrices et vendeuses ne lèvent meme plus le nez de leur travail pour regarder passer les touristes dans la pièce à coté, où ne sévit aucune surveillance.
Au passage, on note que la boutique aussi a conservé ses belles boiseries, son cadre gothique, et les médicaments proposés, à première vue, ressemblent davantage à des préparations à base de produits naturels, très prisés dans les pays nordiques.
La pièce du musée, donc, ouvre également sur la place de l'Hotel de ville par une fenêtre à meneaux aux verres légèrement grossissants. Des cornues colorées sont disposées sur son appui, filtrant joliment la lumière et offrant un effet intéressant à l'objectif (voir mes photos!).
La pièce est tapissée de placards vitrés où sont rangés une multitude de pots pharmaceutiques, identiques donc à ceux que l'on connait chez nous, portant chacun, en latin, le nom de l'ingrédient ou des plantes qu'il contenait.
Les produits les plus dangereux y sont représentés : absinthe, vitriol, extrait de scolopendre, opium, et aussi les plus cocasses : sang de dragon, vodka de muguet (!), poudre de corne de capricorne, à coté de plus classiques : baume du Pérou, huile d'ambre, et toutes les plantes dites simples.
Un immense lézard séché est suspendu aux poutres du plafond, en compagnie de bouquets de plantes séchées à l'envers ; on voit aussi des alambics, des balances de précision, des pilons, et sur le sol, ce qui pourrait etre des plaques publicitaires de l'époque, en bois peints.
Une sympathique visite dans le temps, bien assortie à ce quartier uniquement d'époque gothique ou Renaissance.
Un escalier commun peint en bleu, conduit à une boutique d'antiquités soviétiques à l'étage au dessus.