Si un jour vous allez au Japon, il faut absolument passer par la petite ville de Nikko, près de laquelle se trouve un ensemble de sanctuaires étonnants et d'une rare beauté. Ils sont d'ailleurs classés par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité depuis 1999.
Le plus ancien fut, paraît-il, fondé par un vieux moine bouddhiste du nom de Shodo Shonin, autour du VIIIème siècle. L'ensemble grandit jusqu'à devenir un grand centre bouddhiste et shintoïstes ( les deux grandes religions complémentaires qui sont pratiquées au Japon ), si bien que le shogun ( "seigneur" ) Ieyasu Tokugawa choisit l'endroit pour y faire édifier son mausolée
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Accessibilité
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A voir absolument
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Rapport qualité/prix
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Ambiance
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Architecture
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S'y rendre
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Nikko se situe au nord de la ville de Tokyo, au milieu des terres et au pied des montagnes, ce qui explique que le temps y soit un peu plus frais (mais à peine en été). Le trajet n'est pas direct et dure environ 1h30, via la ligne JR qui mène dans un premier temps à la gare d'Utsunomiya. De là, un petit train à peine constitué de deux wagons permet de continuer son chemin.
Les temples se trouvent à la sortie de la ville et il faut marcher un peu pour les rejoindre, ou bien prendre le bus. Nous avons choisi la 1ère option et avons suivi la rue principale de Nikko, légèrement en pente, pendant un petit quart d'heure. Elle nous a permis d'atteindre la rivière Daiya et surtout le pont SHIN-KYO.
Avant la visite
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On traverse la route. Un petit autel suivi de quelques marches mène vers les sous-bois. C'est une agréable promenade dans une forêt qui semble sacrée et inspire à la quiétude, d'autant plus que la plupart des touristes n'empruntent pas ce chemin car le bus les dépose plus loin. En silence, nous grimpons les marches. A travers les pins, les cèdres et les cryptomerias, c'est à peine si quelques rayons de soleil filtrent. Au loin, on distingue le bruit d'un petit cours d'eau...
Nous arrivons enfin devant le premier temple et la caisse. Nous avons la possibilité d'acheter un billet groupé pour 8 euros environ (1000 yens), sachant qu'il ne comprend pas les salles du trésor et le jardin zen (billet couplé à 500 yens, soit à peu près 4 euros) ni la tombe de Ieyasu et le bas-relief du chat qui dort (520 yens, soit à peu près 4 euros). Il est beaucoup plus économique d'acheter le billet couplé et de rajouter les suppléments plutôt que de payer l'entrée de chaque temple individuellement.
Nous commençons par le jardin zen et les salles du trésor. Il s'agit d'un petit parc bien entretenu qui s'étend autour d'un bassin d'où surgissent d'énormes carpes koi. Au Japon, dès qu'il y a un peu d'eau, il y a des carpes dedans. Elles ne sont pas farouches et s'approchent de nous, prête à gober le doigt de Doudou qui s'agite devant elles. De temps en temps, de petits ponts enjambent le cours d'eau. C'est un jardin traditionnel japonais, du genre de ceux qui invitent à la méditation. On s'attarde facilement devant les arbres et bâtiments qui se reflètent dans l'eau. La sortie nous mène vers quelques salles intérieures qui abritent un soit disant trésor, en réalité des objets précieux retrouvés dans les temples. Autant le dire immédiatement, cette visite ne vaut pas le coup, vu le peu d'objets exposés et le manque d'informations données. Bref, ce supplément-là n'est à prendre que si l'on a vraiment terminé les autres visites et que l'on a du temps à perdre.
Les temples principaux
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La visite commence par le temple RINNO-JI qui comprend une quinzaine de bâtiments. C'est Shodo Shonin, dont la statue trône fièrement à l'entrée, qui fit édifier le plus ancien en 766 et attira des moines ascètes en ces lieux. Face aux caisses, se dresse fièrement le Sanbutsudo entièrement laqué de rouge vermillon. L'intérieur abrite trois grandes statues de la déesse Kannon, représentée sous des formes différentes, avec 1000 bras ou à tête de cheval. Sculptées dans du bois, elles ont été recouvertes de feuilles d'or et mesurent plus de 8m de haut. Nous faisons rapidement le tour afin d'aller jeter un coup d'oeil sur le beffroi et les autres bâtiments qui nous attendent tout autour. Dans l'un d'entre eux, nous aurons la possibilité de nous assoir et d'assister à une cérémonie religieuse : un bonze agenouillé, marmonnant et poussant parfois des cris à faire sursauter l'assistance et faisant brûler de temps en temps des feuillets...
Quelques centaines de mètres plus loin, nous atteignons le TOSHO-GU, l'ensemble de temples le plus connu de Nikko, celui qui attire des milliers de personnes par an. On les doit à Ieyasu Tokugawa, ou plutôt à son neveu qui les fit construire pour lui rendre hommage après sa mort. Ieyasu Tokugawa était né dans une période sombre du Japon, alors que la guerre faisait rage. Devenu l'équivalent d'un grand général, il pacifia le pays qu'il dirigeait entièrement lorsque la mort l'emporta en 1616, à l'âge de 75 ans. Ses dernières volontés étaient que l'on construisit un petit temple à Nikko, où il serait enterré et honoré comme un dieu (rien que ça !). Son neveu fit venir 15000 artisans de tout le Japon pour construire une véritable merveille qui comporta jusqu'à 35 bâtiments.
Derrière le torii qui marque l'entrée du temple, se dresse une pagode à 5 étages dont chaque niveau représente un élément : la terre, l'eau, le feu, le vent, le ciel. Il paraît que cette pagode ne comporte pas de fondation mais qu'une simple tige la maintient sur toute sa hauteur, ce qui permet de faire face aux tremblements de terre. On monte quelques marches et l'on arrive dans une vaste cour autour de laquelle sont répartis plusieurs bâtiments des plus étonnants. Loin de l'austérité nippone, ces temples sont sculptés de maintes figures représentant des plantes ou des animaux, tous très colorés. Les artistes se sont largement inspirés de l'architecture chinoise afin de réaliser ce complexe. Parmi les édifices à voir, il faut noter les écuries ornées de petits singes : ces derniers illustrent les principes du bouddhisme. La fresque les plus connue est celle de la sagesse qui met en scène trois petits singes se bouchant les oreilles, se mettant la main devant la bouche et devant les yeux. "Je ne vois rien de ce qu'il ne faut pas voir, je n'entends rien de ce qu'il ne faut pas entendre, je ne dis rien de ce qu'il ne faut pas dire. Certains devraient en prendre de la graine ;o)
Tout est somptueux, même la plus petite porte d'entrée, et la forêt qui entoure le Tosho-gu ne fait que renforcer la beauté de ces temples. On ne se lasserait pas de les prendre en photo. La Yomei-Mon, par exemple, se prolonge par une enceinte qui représente des animaux sculptés dans le bois : ces derniers, très colorés, semblent s'échapper des panneaux. Afin de ne pas attiser la colère des dieux, face à la perfection de cette porte, on fit exprès d'y glisser une erreur : les ornements sont à l'envers sur l'un des panneaux.
Un peu plus loin, l'intérieur du Honji-do s'orne d'un immense dragon sur toute sa longueur. Un guide vous fera sûrement écouter un morceau joué avec des claves : lorsque l'on frappe sous la tête du dragon, le bruit se transforme en un grondement ! Il faudra se déchausser plusieurs fois pour accéder aux trésors cachés dans les temples du Tosho-Gu. Le dernier lieu, qui abrite le mausolée de Ieyasu Tokugawa et la fresque du chat endormi (qui semble réel), demandent de s'acquitter d'un supplément.
Près de 2h que nous sommes en cet endroit magique et nous ne voyons pas la fin de la visite. Il nous reste encore plusieurs complexes de temples à découvrir. Heureusement, plusieurs restaurants disséminés dans la forêt nous permettent de faire une halte et c'est avec fierté que nous mangeons dans le même établissement que Jacques Chirac (!) dont la photo trône sur le mur, entouré des propriétaires des lieux. Un curry et un tempura plus tard, nous sommes prêts à repartir. Il nous reste le TAIYUIN, un sanctuaire qui abrite la tombe de Iemitsu Tokugawa, le petit-fils de Ieyasu (tout le monde suit ?). Situé un peu à l'écart dans la forêt, il est protégé par quatre démons qui gardent sa porte puis par une série d'escaliers qui en décourageraient plus d'un. Sur le chemin, admirez les deux beffrois de chaque côté avant d'atteindre le bâtiment principal. Au fond du couloir, non accessible au commun des mortels, reposent les cendres du 3ème shogun, qui avait idolâtré son grand-père au point de vouloir construire son mausolée en face du sien. Le style architectural est différent, un peu plus sobre, aux couleurs noires et dorées, encadrées de rouge. A l'intérieur, on peut aussi voir l’armure de Iemitsu.
Enfin, en repartant, un petit chemin sur la droite mène au temple FUTARASAN. L'ensemble des bâtiments est moins grandiose que le Tosho-Gu mais il recèle de petites curiosités, comme les barils de saké donnés en guise d'offrandes ou bien les cèdres sacrés, entourés de petites guirlandes.